Stratus Vineyards, Péninsule du Niagara (Ontario)

Nous avions rendez-vous avec Jean-Laurent Groux, l’oenologue de chez Stratus vineyards à 10H Mercredi dernier.

Stratus Vineyards

En arrivant  de  la route qui mène au domaine, on aperçoit tout à coup devant soi l’imposant édifice cubique et moderne qui fait office de salle d’accueil et de chai de vinification.

Jean - Laurent Groux, plus connu ici sous l'acronyme J - L

Un peu en avance, je cherche une porte ouverte. Il faut contourner l’entrée principale et se présenter à l’arrière des bâtiments. Les hautes baies vitrées laissent entrevoir dans la salle une personne derrière un bar soigneusement agencé.

Style moderne et épuré à l'accueil des clients

J’entre. Fred, un québécois qui s’occupe des visites,  me salue cordialement. Nous nous sommes déjà rencontrés il y a un mois à Toronto lors du salon biovino. Il appelle Jean-Laurent pour lui signaler mon arrivée.

Dans la salle de dégustation,  nous aurons notre interview.  Jean-Laurent Groux est français et toute ma visite se fera dans cette langue puisque Fred le parle aussi couramment.

Fred était dans l'industrie il y a quatre ans avant de se découvrir une nouvelle passion pour le vin

J -L, comme il est appelé ici, vit au Canada depuis une vingtaine d’années.  Originaire du Perche il connaît bien également la Loire pour avoir vécu en Touraine, la région Bordelaise pour y avoir passer son diplôme d’oenologue et la Bourgogne pour y avoir aussi étudié.  Notre rencontre est conviviale et sympathique.  Dès les premiers échanges, je découvre que les vins produits ici ne sont issus ni de l’agriculture biologique ni de l’agriculture biodynamique, contrairement à ce que je pensais. En revanche, les bâtiments sont construits là encore, comme à Southbrook,   sous le label LEED (Leader in Energy and Environmental Design).

Dans le chai ultra-moderne

Stratus communique beaucoup autour du thème développement durable et  cette communication incite parfois à la confusion. Le propriétaire David Feldberg porte une attention particulière au design et aux matériaux utilisés sur le domaine : bois, matériaux recyclés, bassin de décantation, utilisation du verre  afin d’éviter les éclairages inutiles, tapis en fibres naturelles…

Les vins sont issus d’assemblage des 18 cépages qui se trouvent sur le domaine : riesling, petit verdot, mourvèdre, malbec, tempranillo, tannat, sangiovese, semillon, gewurztraminer, marssanne, roussane, cabernet franc, cabernet sauvignon, merlot…

Les cuves rotatives

Nous irons ensuite dans le vignoble et dans le chai avec Fred.  Le système de gravité ultra moderne  fonctionnant exactement comme des ascenceurs qui montent et descendent les cuves constituent l’originalité de la visite.

La gravité : un principe simple pour éviter le pompage

Pour éviter de brutaliser le vin, les pompes ne sont pas utilisées du tout.  Les cuves rotatives en inox afin de permettre une fermentation et une macération homogène du vin commençaient tout juste à être utilisée en France à la fin des années 70 quand J – L finissait ses études.

Un vrai jeu de domino toutes ces barriques !

Aujourd’hui plus communément utilisées dans le monde, elles constituent un pilier dans sa technique de vinification.

Le soir même, l'assistant vinificateur et Fred accueillaient une cinquantaine de personnes pour le dîner.

Toujours dans un cadre moderne et lumineux

La dégustation de quatre vins que nous ferons à la fin met en avant des vins complexes aromatiquement, riches, avec de la matière et très mures.

Des carafes plus originales les unes que les autres

Santé !

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Published in: on 31 mai 2010 at 16:52  Laisser un commentaire  
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Southbrook vineyards, Péninsule du Niagara (Ontario)

C’est sous un soleil digne d’un mois d’Août que j’ai repris la route  Lundi matin et quitté la ferme Saugeen River CSA. A très bienôt!C’était  un week-end particulier ici au Canada puisque le Lundi 24 Mai était un jour de fête  appelé Victoria day (fête de la reine) en mémoire à la reine anglaise Victoria et de son anniversaire ce jour là.  C’est sous son régime en effet que le Canada est devenu indépendant. Et aujourd’hui au Canada, on commémore cet événement comme étant le début de l’été qui s’annonce.  D’ailleurs on voit encore de nombreuses traces dans le pays  et de son histoire fondue avec  les îles britanniques comme sur les billets de banque par exemple, où l’effigie de Sa Majesté Elisabeth II est représentée.

Plusieurs heures de route plus tard et c’est une nouvelle fois la région de Niagara qui m’accueille.

Suivez les pancartes!

Il y a un mois, nous nous étions déjà rendus dans cette région avec Lihi et Lena, avec lesquelles nous avions pris quelques contacts. Evidemment, on n’aurait pas pu manquer les chutes du Niagara et le flot touristique qui les accompagne, ainsi que les promoteurs immobiliers ayant envahis par la même occasion le site d’assaut. Par moment, c’est vrai il y a un faux air de Dysneyland, à moins que ce ne soit Las Vegas peut-être. L’un comme l’autre je n’ai jamais mis les pieds à vrai dire, mais à voir tous ces néons fluorescents  à vous rendre aveugle dès que vous les regardez, il y a là tout l’arsenal pour attirer l’attention du consommateur et son porte monnaie qui va avec.

Mardi matin, j’avais donc rendez-vous avec Brian le winemaker de Southbrook vineyard,

Bienvenue!

le premier domaine viticole canadien à être certifié Demeter, le label international attestant de l’utilisation des principes de la biodynamie.  Une fois arrivé au domaine avec ses bâtiments pour accueillir le public  très design, Brian, ainsi que son assistante Samantha me présentent Ann, la directrice vinification et viticulure.  Nous échangeons quelques nouvelles au sujet de la planète vin et Ann m’invite à une dégustation de Bordeaux millésime 2000 le soir même.  C’est une dégustation organisée dans un restaurant  des chutes du Niagara, avec une dizaine de château présentée par un critique canadien notant les vin à la manière Parker.

Brian devant les jeunes plants de Chardonnay

C’est une note sur 100 qui fait la pluie et le beau temps sur le marché du vin dans la région de Bordeaux spécialement. Il suffit qu’un de ces critiques note bien un vin une année et son prix peut s’envoler rapidement. Ce ne sont pas les vins que je recherche, même si j’admets être curieux au sujet de leur technique d’élaboration, plus technologique qu’artisanale.

Autour d’une tasse de café,  Ann me parle des différents organismes gouvernés par l’état contrôlant le marché du vin au Canada.  Dans l’Ontario il y a la LCBO pour Liquor Control Board of Ontario; au Québec, c’est la SAQ pour Société des Alcools du Québec; en Colombie Britannique sur la côte ouest, on trouve la BCLDB pour British Colombia Liquor Distribution Branch; et dans la province de Manitoba, c’est le MLCC pour Manitoba Liquor Control Commission.  C’est dans ces provinces que le marché du vin est le plus significatif, avec la province de la Nouvelle-Ecosse.  Ann me fait aussi l’éloge d’un salon à Vancouver qui attire de nombreux professionnels internationaux  de la filière vin: il s’agit du salon Play house wine festival qui se déroule en Avril. Avec les jeux Olympiques qui viennent de se finir dans cette ville, ce salon attire de plus en plus de monde.

Notre matinée a donc débuté par une visite dans les vignes avec les commentaires de Brian et Samantha. Ryan, un transporteur travaillant avec Southbrook et Winn sa compagne  étaient venus aussi pour la visite.

Ryan, Winn, Samantha et Brian

Les vignes sont regroupées sur un seul tenant autour du bâtiment principal d’accueil, sur une superficie de 25 hectares. Ils possèdent également la même superficie  un peu plus loin mais avec 8 hectares en forêt et le reste en surface agricole pour la trentaine de moutons, le cheval et le poney.

Southbrook, fut créé  dans la région de Toronto à Richmond Hill, et au départ ils achetaient des raisins qu’ils vinifiaient ensuite eux-mêmes. Ce n’est que par la suite que les actuels propriétaires  Bill et Marilyn Redelmeier sont venus s’installer dans la région des chutes du Niagara, au sud de l’Ontario.

Bill et Marilyn Redelmeier

Cette région est reconnue comme la green belt (ceinture verte) du Canada, bénéficiant d’un climat propre à la culture des fruits.  On compte environ 70 domaine viticole dans cette région parmi la centaine que compte au total la province. Il n’y a qu’en Colombie britannique où l’on en retrouve presque autant avec  environ 80.

Brian nous emmènera voir les nouveaux plans de Chardonnay ainsi que les les cépages Vidal

Le cépage Vidal conduit avec quatre baguettes

(plus souvent utilisés pour la fabrication du vin de glace), la Syrah, le Cabernet Franc et le Cabernet Sauvignon. Ils cultivent aussi un peu de Merlot, de Petit verdot, de Sémillon et du Muscat.  La sélection des plans est principalement clonale, c’est à dire qu’ils reproduisent les souches mères voulues à l’identique. Seulement un faible pourcentage de sélection massale, où la diversité des souches choisies augmente les chances de résistance aux maladies.

L’utilisation de filets de protection s’avère indispensable dans cette région, sous peine de voir la récolte se perdre dans le gosier de nos amis à plumes qui ne manquent pas de choisir les morceaux de choix. Dès que les raisins se forment à l’époque de la nouaison (passage de la fleur au fruit en Juin-Juillet dans l’hémisphère Nord), il faut tout de suite mettre un filet de protection étendu sur la hauteur de la partie fructifère de la souche de vigne.

Filets de protection

Ce filet a aussi comme avantage de pouvoir laisser les moutons brouter librement à l’intérieur du champ de vigne – ou block.

Plus efficace qu'une tondeuse!

Ils mangent l’herbe entre les rangs et les pousses indésirables au pied des vignes, et sont plus efficaces qu’une tondeuse car ils laissent leur matière organique derrière eux. Ils sont contenus à l’aide d’une clôture électrique dans les vignes.

Nous passons également devant une éolienne postée à l’entrée d’une parcelle de vigne : « Contre le gel ! » nous dit Brian. Cette année, ils ont fait fonctionner les nombreuses éoliennes présentes sur le site plusieurs nuits à la suite à la mi- Mai afin de permettre une circulation de l’air au dessus des vignes et éviter ainsi les dommages.

Sans elles, la récolte était compromise

Malheureusement,  ils n’ont pas pu sauver le Muscat.  Ces éoliennes ont sauvé leur récolte, car après un débourrement  (lorsque le bourgeon éclos),  précoce cette saison, le gel est venu joué les troubles fêtes.  Brian me raconte aussi qu’en Nouvelle-Zélande, il a vu des propriétés louant des hélicoptères à 800€  par heure, seulement pour survoler les vignes en période de gel.

La salle de dégustation

Et dans le registre nouvelle technologie, l’Université Canadienne de Broke est en train de mettre au point un système de micro-ondes protégeant les vignes du gel.

Nous poursuivons notre visite en nous rapprochant des nouveaux bâtiments d’accueil, utilisant beaucoup de matériaux recyclés, dont les plans furent dessinés par l’architecte Jack Diamond.  Ils utilisent un système de phyto-épuration pour traiter les eaux grises.

La phyto-épuration

En chemin, on peut observer des abris en bois pour les oiseaux disposés un peu partout.  Brian m’avouera aussi être en recherche de ruches pour abriter les abeilles sauvages locales, qui ne sont pas nombreuses dans cette région. Les eaux de pluie sont récupérées et s’écoulent dans un bassin à l’entrée du bâtiment. La couleur blanche du toit a été étudiée afin de repousser les rayons du soleil  et minimiser la chaleur sur le bâtiment et dans le vignoble.

Si vous voulez bien vous donner la peine!

Passons à la dégustation maintenant:

VQA Niagara on the lake,cabernet/merlot, rosé 2009.

Cabernet/Merlot rosé 2009

Couleur rose framboise, attirant, expressif au nez avec des notes fruitées de cerises et de  pommegranit. En bouche, c’est un vin sur la fraîcheur, vif,  avec une belle acidité qui s’équilibre bien avec  le fruit. C’est un rosé de saigné (on tire le jus d’une cuve dont les raisins rouges ont macéré pendant un certains nombre de temps à l’intérieur pour donner la couleur). Coûte 18,99$ (14€) à la cave.

VQA Ontario, Vidal 2009: blanc vinifié en demi-sec avec 19g/l de sucres résiduels. C’est un cépage qui a une peau épaisse afin de résister aux conditions climatiques hivernales, surtout utilisé pour les vins de glace. Récolté en deux fois avec une partie précoce et l’autre tardive afin  d’augmenter la complexité du vin. Pressé doucement pour obtenir un moût plus délicat. Jeune, minéral, jaune pâle et limpide, il exprime des notes citronnées, avec un côté pêche, et  melon. Un blanc confortable et croquant dont la douceur en bouche arrondit la rusticité du cépage . Il fut stabilisé à froid mais peut présenter des cristaux de tartre dans le fond de la bouteille qui peuvent déranger parfois le client. Intéressant à découvrir. 16,99$ (12€).

VQA Niagara on the lake, Cabernet Sauvignon 2008: Un rouge masculin dont les tanins se fondent bien avec le fruit et l’acidité. Le bois domine la dégustation au nez mais en bouche on sent un bel équilibre et une maturité du  fruit maîtrisée, qui supporte bien le passage en fût de chêne français majoritairement. A attendre encore deux années en bouteilles pour un vin harmonieux avec des notes vanillées plus intégrées qu’elles ne le sont  à présent.

Whimsy!

VQA Niagara on the lake 2007, Whimsy! : De cépage cabernet franc, les tanins se montrent robustes à l’ouverture de la bouteille mais après aération, ils se fondent agréablement  et se lissent. Brian recommande d’ouvrir ce vin environ deux heures avant de le servir. Le passer en carafe est préférable.  Il y a eut seulement 1000 caisses de produites sur cette cuvée. 40$ (30€).

Triomphe 2007

VQA Niagara on the lake, Chardonnay Triomphe 2007: La fermentation est réalisée en barriques françaises, avec 30% de neuves, et le reste avec des vins de un à deux ans. Les lies (levures mortes après la fermentation)  ont été ensuite remises en suspension  dans la barrique toutes les semaines pendant plusieurs mois  (technique du bâtonnage). Une fine filtration a été faite avec de la bentonite (argile). Une couleur jaune or, brillant, avec de notes de noisettes et d’agrumes surmûris. En bouche on sent le vin sur une phase fatiguée, manquant d’énergie et de vivacité.  2007 était une année très chaude ici avec beaucoup de structure dans les vins, et où la fraîcheur était plus difficile à obtenir. 13,4% d’alcool.

VQA  Niagara on the lake Cabernet / Merlot, Poetica 2007:

Poetica 2007

c’est la cuvée haut de gamme. Un nouveau poème est chaque année écrit sur l’étiquette de la bouteille. Cette cuvée existe aussi en blanc mais est plus confidentielle. Il faut environ 6 mois au maître de chai et son équipe pour trouver l’assemblage final et goûter toutes les barriques une par une. Un vin charpenté et structuré, avec un corps qui dénote une matière riche et mure. Un vin à faire gôuter à l’aveugle à nos amis Bordelais. 60$ (45€).

Vin de glace, Vidal 2005

VQA Niagara on the lake, vin de glace 2005: les fruits flétris  sont ramassés la nuit en Novembre quand la température descend au moins à -8°C. L’eau dans les baies de raisins se cristallise et donne un jus plus concentré.  De cépage Vidal, ce vin de glace est contrôlé par le VQA ( Vintner Quality Alliance – l’appellation d’origine contrôlée)dès la récolte pour constater les bonnes conditions de température et de pressurage à l’extérieur. Ambré, visqueux, riche en glycérol, c’est un vin qui demande beaucoup de main d’oeuvre à l’élaboration, les rendements sont très faibles et qui pose des problèmes lors de la vinification lors des filtrages par exemple  (vin trop riche qui bouche le filtre). 40$ (30€).


VQA Niagara on the lake, Cabernet Franc moelleux 2006:

Vin de glace, rouge 2006

rose intense, nez marqué par la rubharbe, on finira notre dégustation par ce vin. Brian nous fera goûter aussi sa crème de cassis.

Pour terminer cette journée, nous irons avec Scott sur la deuxième partie du domaine. En Ford Pick up, il emmène un épandeur de compost, outil indispensable  pour le remuer.  Les moutons sont en train d’agnéler à cette saison.

Scott avec les brebis de Rambouillet, et "Newfound land heritage"

Ils sont ensuite placés dans les vignes  jusqu’en Juillet. Il m’explique qu’ils retirent ici les bois de taille dans les vignes pour éviter les maladies et  permettre à la matière azotée du compost de descendre dans le sol et de ne pas se greffer à la matière carbonée des déchets de taille.  Ils passent aussi une griffe pour ouvrir le sol et faciliter la pénétration des nutriments. Les racines des vignes ne sont pas dérangées.  Tout ce travail demande une main d’oeuvre supplémentaire de huit personnes, principalement des immigrés venus du Mexique.

Les préparations 500 et 501 sont faites sur le domaine mais dans le futur ils espèrent pouvoir également produire les préparations 502 à 507 pour le compost.

Les chais de vinification

Quelques barriques...

Published in: on 26 mai 2010 at 07:00  Laisser un commentaire  
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Retour vers le futur

Un sujet revient plus que d’autres en ce moment sur la ferme.  Depuis déjà plusieurs mois,  Cory Eichman,  le propriétaire,  se renseigne pour acheter deux chevaux de trait en vue de remplacer petit à petit  son tracteur.  Tous les jours, nous discutons de traction animale, et des modifications à apporter dans le travail sur la ferme pour inclure deux chevaux de trait en plus,  en terme d’abris, de fourrage et d’équipement.  On en parle souvent mais le plus intéressant évidemment c’est toujours d’aller sur le terrain pour se rendre compte de la situation. C’était le cas Lundi dernier quand nous sommes allés visiter une ferme gérée par une communauté Amishs.

Une des races les plus vieilles et puissantes: le Belgian

On trouve des Amishs dans l’Ontario au Canada mais c’est surtout aux Etats-Unis dans les états de Pennsylvanie, Indiana,  et  Ohio qu’ils sont le plus représentés.  Dans cette communauté, Noah nous a montré tout son matériel faisant appel à  la traction animale: la remorque, la charrue, les disques, l’épandeur de compost,  la calèche,  le traineau pour l’hiver, le semoir, le moulin à farine, la faneuse pour le foin, le monte foin, la batteuse… Toute la panoplie y était. Avec cinq chevaux il vit sur ses 80 hectares de terre. Autant dire que tous les enfants sont mis à contribution dès leur plus jeune âge, et voir un garçon de 5 ou 6 ans en train de conduire un attelage est tout à fait courant,  pour ne pas dire normal.

Dans un style différent, nous sommes allés sur une autre ferme Jeudi où se tenait le premier rassemblement de la saison du CRAFT Ontario, un réseau de fermes biologiques accueillant des volontaires sur une durée plus ou moins longue. Ce réseau organise dix rassemblements dans la saison à chaque fois dans une ferme différente, avec toujours un thème précis abordé au cours de la journée ( Jeudi,  le thème était le sol).

Les nouvelles salles de classe

Ainsi nous nous sommes retrouvés à 80 dans une grange à foin – et la douce odeur qui l’accompagne –  à suivre les différentes activités proposées au long de cette journée.  Débuté avec des jeux brises glaces,

Des jeux qui font fonctionner les jugulaires!

la journée s’est poursuivie par une leçon théorique sur l’aspect chimique, biologique et physique du sol.  Puis nous avons poursuivi par un repas bonne franquette – mieux que la garden- party de l’Elysée! – sur la pelouse.

Pique-nique décontracté

Une des attractions de la journée fut certainement la visite de cette maison ossature bois et murs isolants en bottes de paille que Ken le gérant avec le soutien de mains heureuses,  ont montés en deux ans et demi. La finition est en chaux et en argile. Panneaux solaires, récupération des eaux de pluie, toilettes sèches… Une preuve qu’avec du temps, peu d’argent et un brin de  talent,  les rêves peuvent devenir réalité.

La maison en paille des "trois petits cochons"(en plus solide!)

La construction en bottes de paille se voit de plus en plus.

Un vrai jeu de construction!

Intérieur sobre mais très élégant

La paille est tellement compressée qu’elle  est résistante au feu aussi surprenant que cela puisse paraître (Je n’ai pas  essayer d’ allumer une allumette pour vérifier!).

Bois quand tu nous tient!(chambre à l'étage)

En terme d’isolation, le fait d’utiliser ce matériau dans un pays où la température extérieure en hiver descend à -30 ou -40°C,  suffit pour démontrer qu’il est efficace.  Les bottes mesurant environ 45cm de large, les murs ont donc une épaisseur  de 55 cms  environ en rajoutant l’enduis. Voilà un matériau disponible partout, peu cher et très efficace.

L’après-midi fut consacré principalement aux chevaux.  En effet,  Ken conserve sur sa ferme 8 chevaux de trait de race Suffolk Punch, une race originaire de Grande-Bretagne du Suffolk county (on l’aurait deviné).  Il nous a montré sa serre artisanale  en bottes de paille (encore elles), entre lesquelles il laisse du crottin de cheval  reposer.  La chaleur que le crottin dégage chauffe  ses semis en attendant les beaux jours. Cette technique était déjà utilisée à la cours de Louis XIV pour obtenir des fraises et des asperges même pendant la période de Noël.  Les goûts de Monsieur le Roi Soleil étaient un tantinet exigeant semble-t-il.

De la paille, un cheval, et on commence les semis dès Février!

Tout l’après-midi, Ken nous a fait une véritable démonstration pratique avec ses chevaux. C’est une race au tempérament tranquille et à la robe qui ressemble beaucoup au Trait Comtois français.

Je vous ai à l'oeil!

Nous sommes allés directement dans les champs en remorque pour voir que ce que nos amis pouvaient faire. Force est de constater que travailler avec une paire de chevaux de trait change radicalement le rapport  à la terre.

La ballade des gens heureux...

L'a-ttraction animale

Sans rentrer dans les détails techniques, ce mode de fonctionnement,   à l’ère de l’iphone, demande avant tout une véritable passion pour les chevaux afin d’organiser la ferme en fonction de ceux-ci et non l’inverse. En France,  Domaine de la Romanée Conti en Bourgogne, un vignoble dont le vin est  considéré comme étant l’un des meilleurs au monde,  utilise la traction animale depuis déjà plusieurs années,  cependant ils n’en font pas de publicité. Simplement moins de compactions des sols,  plus d’aération, meilleur drainage,  et compost tout frais à disposition (et création d’emploi à la clé). Et pour aller dans une autre région, à Bordeaux, Château Pontet-Canet 5e cru classé,  a passé ses 80 hectares de vignes entièrement en traction animale.

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Mais oui moi aussi je t'aime

De la paille, des Hommes... et de la joie de vivrePour terminer cette journée, il fallait bien se défouler un peu. Rien ne valait  un travail de groupe. A 80 dans un champ, il n’aura fallu qu’un quart d’heure pour effectuer le mulchage (couverture du sol) en paille du futur champ de patates.  Efficace et agréable en étant 80, cette activité l’aurait été beaucoup moins  en étant tout seul au milieu de son champ. De nombreuses mains font les tâches plus faciles!

Published in: on 14 mai 2010 at 21:47  Laisser un commentaire  
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Vin bio, biodynamie, vin naturel…

Il y a quelques jours, je suis allé sur le compte twitter de Sommelier vert, et j’y ai trouvé le  lien dont je parle plus bas. Je connaissais déjà le site de Château Loisel auparavant, mais aujourd’hui l’occasion m’est donnée de relire ces précieuses informations au sujet du vin.

Entre tous ces sigles, labels et  autres  réglementations qui envahissent  et perturbent de plus en plus le consommateur, voilà qui devrait apporter un peu de lumière à l’amateur éclairé à la recherche de réponses au sujet des vins bio,  de la biodynamie et du  vin naturel.

Lisez ce lien très instructif!

Vin bio, biodynamie, vin naturel…

Published in: on 6 mai 2010 at 06:20  Laisser un commentaire  
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La ruée vers l’or (2)

Dans la première partie de La ruée vers l’or il y avait le son mais pas l’image. Mais pourquoi ça pas de photos dans ce billet ? Panne de pellicules…? Non , plutôt problème technique. Et tout ça dû à quoi ? Tout simplement, à cause d’une chute fatale de l’appareil.   Alors que je me baladais sur le salon Biovino,

Salon Biovino à Toronto

je portais mon appareil en bandoulière sur l’épaule, et puis on se met à discuter, à rencontrer des gens, et on en oublit l’appareil. Très bien, jusqu’au moment où on a trop chaud et que l’on veut enlever sa veste…et là bing, par terre.  Bon, plus de peur que de mal: le corps de l’appareil fonctionne mais l’objectif, lui, est à changer. Donc en attendant de trouver un nouvel objectif, Marike qui travaille sur la ferme, me prête  son appareil.

Marike en pleine action en train de préparer l'assemblage de tourbe, calcaire, compost, vermiculite(argile) et terre

Dans cette deuxième partie de La ruée vers l’or il y a l’image et un peu moins de son. On va illustrer ce dont on parlait dans le dernier billet et admirer les Scotish Highlands, ces vaches génératrices de ce si précieux or noir, dont je suis tombé amoureux. C’est difficile de faire autrement quand on les regarde. On dirait presque des yaks tellement leur poil est long, mais en beaucoup moins gros. La Scotish Highland est une race rustique résistante au froid qui comme son nom l’indique vient d’Ecosse. Elle a cependant une croissance très longue et met trois ans à atteindre sa taille adulte contre une moyenne de un an et demi chez les autres bovins.

Peach et Jester? Leurs noms m'échappent encore

On retrouve aussi sur les photos le moment où nous enlevons l’humus des cornes enterrées tout l’hiver.

Marike et Connor enlevant l'humus des cornes

C’est la base de la préparation 500 utilisée en agriculture biodynamique pour augmenter l’activité biologique du sol.

Préparation biodynamique 500, appelée aussi Bouse de corne

Ce que nous obtenons est noir et légèrement humide.  Nous aurons l’occasion d’en reparler plus longuement dans un autre billet.

Le nouvel or noir

Published in: on 2 mai 2010 at 06:00  Laisser un commentaire  
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