Au fur et à mesure que nous progressons sur les routes qui nous conduiront bientôt sur la côte ouest des Etats-Unis, les opportunités s’ouvrent devant nous pour rencontrer les acteurs du bien boire et du bien manger. Nos
centres d’intérêts se tournent avant tout vers les producteurs de ces produits issus de l’agriculture. Cette nourriture, et le vin qui va si bien avec, est de plus en plus dure à dégoter. Tout aujourd’hui a le même goût, tout est transformé et de plus en plus uniformisé. Même les êtres humains deviennent tous pareils: mêmes habits, mêmes maisons, mêmes façons de penser. C’est avant tout dans les champs et dans les fermes que nous apprécions l’origine véritable d’un produit agricole de qualité. Que ce soit le vin, les légumes, la viande, les céréales, les oeufs ou le miel, tous ces produits ont tous la même origine: la terre.
A travers ce blog, j’essaie de partager du mieux possible avec vous les rencontres au cours de ce voyage en Amérique du Nord qui a pour fil conducteur l’alimentation dans tous ses états. Déjà, j’en entends s’exclamer au loin que les Etats-Unis ne produisent aucun produit de qualité? Bon, bon
…Pas d’aprioris sans fondements…C’est vrai que ce qui voyage le mieux venant des Etats-Unis, c’est certainement tout sauf les spécialités culinaires du pays. On entend plus souvent parler des fast-foods, des séries télévisées, ou bien des films d’Hollywood, que les arômes des vins des régions viticoles par exemple. La communication agressive faite dans ce pays et au delà de ses frontières a de quoi faire réfléchir. Et ce n’est certainement pas sur les panneaux publicitaires le long des routes ou sur les écrans de télévisions que nous trouvons toutes les adresses ou nous nous rendons Claire et moi. Il faut se lever tôt pour trouver de la nourriture de qualité, oui, mais cela se trouve bel et bien. Sur un marché fermier l’autre jour, nous avons eu l’occasion de goûter un fromage à pâte pressée non cuite type cheddar qui me reste encore sur les papilles. Agréable découverte dans la campagne New Yorkaise!

Scientifiquement prouvé, le lait est de meilleur qualité quand les vaches sont appelées par leur nom
Avant de commencer à visiter les fermes et les vignobles du pays, on peut être tenté de se poser des questions sur les choix que l’on va être amenés à faire. Comment sélectionner les fermes et les vignobles à visiter? Quels critères mettre en avant? Quels sont les fondements de notre visite aux quatre
coins du pays? La multiplicité des choix se réduit considérablement lorsqu’il s’agit de visiter essentiellement les lieux en relation avec l’agriculture biologique et biodynamique. Tout en restant ouvert pour découvrir d’autres manières de cultiver la terre, les choix se font tout d’abord sur le goût et la dégustation. Les fermes et les personnes que nous rencontrons créent avant tout des produits qui ont du goût. C’est le premier critère de sélection. Et une quête d’absolue qualité ne se fait pas sans la pratique d’une agriculture respectueuse de la biodiversité.
L’équilibre recherché dans les dégustations que nous effectuons, que ce soit les fromages, le pain, les légumes, le miel, le sirop d’érable, le vin, etc… se compare à l’équilibre que nous recherchons dans la fréquence des fermes
visitées. Toutes les rencontres demandent de l’attention afin de retranscrire dans ce blog au plus près les informations collectées. La température estivale frôle les 90-95°Farenheight, soit les 30-35°Celsius en ce moment. Avec les exercices de calculs mentaux pour les conversions, on joue aussi de plus en plus avec les pics de chaleur pour écrire, visiter et rouler en voiture.
Alors que nous étions dans le Camphill Village de Copake dans l’état de New York (dans la version anglaise du blog), nous n’étions plus qu’à 30 minutes en voiture de la ferme biodynamique Hawthorne Valley (le mouvement

"C'est en faisant que l'on se fait" ou "comment guérir grâce à l'artisanat" au 'Camphill Village de Copake' à 30 minutes d'Hawthorne Valley
Camphill est une pédagogie curative dont le fondement est la conception anthroposophique de l’être humain développée par Rudolf Steiner au début du XXe siècle). On ne pouvait donc pas ne pas aller visiter cette ferme de production qui est aussi ferme pédagogique accueillant pas moins de 500 enfants tous les ans. Le plus difficile, c’était d’abord de prendre un premier contact par téléphone. Appelée la veille pour le lendemain, Rachel d’Hawthorne Valley répondit positivement à notre appel et nous étions attendu le Mardi matin pour une visite qui allait s’étendre plus longtemps que prévue (comme d’habitude!).
Notre visite commencera par la rencontre avec Katie, originaire de Manhattan, occupée avec ses collègues à ramasser les navets japonais dans le champ de légumes derrière la ferme. La visite continuera par un entretien avec Andréa, suisse de naissance et ayant élue domicile en Hudson Valley. Evidemment, une ferme de plusieurs centaines d’hectares comme celle-ci regroupe forcément une main d’oeuvre appropriée. Et la diversité des personnalités font des échanges plus passionnant les uns que les autres. Nos rencontres croiseront aussi le chemin de la fromagerie avec Peter, familiarisé avec la tradition fromagère française pour avoir exploré ses régions productrices pendant presque une année.
Puis, ce sera le tour de la boulangerie avec Caroline, une ancienne étudiante en biodynamie à Emerson College, qui nous fera un véritable exposé sur son
métier avec l’origine des céréales utilisées et le partage d’un savoir faire inestimable pour confectionner tous les jours le pain et les pâtisseries qui seront ensuite vendus dans le magasin d’alimentation biologique juxtaposant les locaux.
Et pour terminer, après tant d’évocations culinaires, on ne pouvait conclure la visite que par un pic-nique champêtre avec les produits de la ferme, le tout improvisé sur l’herbe, à l’ombre, au milieu de la cour principale. Le vrai luxe du XXIe siècle: apprécier un instant de vie tout simplement!












Salut,
j’avoue que j’ai été séduit par cette visite guidée virtuelle et je félicite vivement les auteurs.Au passage,j’aimerais avoir des informations sur les conditions d’accès à la formation en agriculture biodynamique.
merci
Bonjour et merci pour le commentaire,
Il existe plusieurs formations en biodynamie en Europe et dans le monde, mais une seule dans le monde anglophone qui soit accréditée par un organisme d’état. Il s’agit du “Biodynamic agricultural college” en Angleterre au sud de Londres. (Anciennement “Emerson college”)
Les conditions d’accès sont simples: il suffit de présenter un vif intérêt pour la biodynamie et de travailler 3 mois au préalable dans une ferme en biodynamie avant d’entrer en formation.
Le type d’éducation là bas est souple, holistique, et laisse place à la créativité.
N’hésites pas pour d’autres renseignements,
Dany